Interview La Nación

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Bonjour ! Une interview pour La Nación est parue. La voici traduite :
Tini y parle de Quebranto, de Coldplay ou encore de musique.

–Comment t’es-tu préparée pour ton retour à la scène après 10 ans et avec un rôle si audacieux ?

–Miranda est un personnage complexe, et l’histoire l’est aussi. C’est triste, je pense qu’elle n’imagine pas tout ce qui va lui arriver au Mexique. Ce qui m’a le plus aidée, ce sont les lectures en équipe, avec tous les gars du casting, avec le réalisateur. Nous avons eu un mois de… je ne sais pas si je dois l’appeler entraînement parce que c’était plutôt pour faire connaissance, développer les personnages, comprendre comment nous nous parlions.
Aussi, il était très important de réfléchir à tout ce qui concerne le passé de Miranda, ses traits, sa façon de sourire, de regarder, de savoir quelles étaient les questions qu’elle posait à ses parents, ce qu’elle osait dire et ce qu’elle ne disait pas, et comment elle a normalisé le sujet de ses attaques de panique et d’anxiété. On sent que c’est une personne qui n’a pas d’amis et cela se voit dans la série. Donc, nous nous sommes chargés de créer le pourquoi de chacune de ces émotions, expressions et manières d’être. Et ce qui était le plus important pour moi, c’était d’empathiser avec elle.

–Avais-tu envie de revenir à l’acting ?

–C’était quelque chose que j’attendais depuis longtemps. De plus, cela s’est passé à un moment émotionnel où j’ai pris la décision de donner de l’air à la musique et de me reconstruire. Je savais que je voulais revenir à l’acting, l’histoire m’a beaucoup intéressée et je sentais que c’était un défi sur le plan personnel. C’était une question de me motiver à le faire et de me redécouvrir dans cette facette. Évidemment, il me reste beaucoup à apprendre et j’ai encore beaucoup à construire dans le jeu d’actrice, mais c’était agréable de recommencer.

–Ton personnage a des troubles d’anxiété et tu as parlé publiquement de tes problèmes de santé mentale, comme la dépression. A-t-il été difficile de revivre dans la fiction ce que tu avais traversé dans ta vie personnelle ?

–Avec les garçons [du casting], nous disions que, d’une certaine manière, le personnage te parvient à un moment particulier. Je sens que ce n’était pas un hasard que cette histoire me soit parvenue juste à la fin d’un processus et d’un cycle dans ma vie qui m’a beaucoup marqué. Personnellement, en mettant de côté les distances, le personnage a fini par m’accompagner et m’a fait me souvenir tous les jours de situations et de façons que je ne voudrais pas répéter.

-Te sens que, à un certain point, c’était guérisseur ?

-Évidemment que les scènes sont dures et il est évident que tu es très émue après que le réalisateur dit « coupez ». Ce serait étrange que cela ne me touche pas. Mais tout comme ces attaques d’anxiété, ce cœur qui s’accélère et cette respiration complètement déréglée me touchaient, il en était de même avec les scènes de tirs, de morts, de sang, d’incendies, de cris… Cela fait 10 ans que je ne vivais pas cela et la réalité est que Violetta était un projet totalement différent. C’est pourquoi, faire Quebranto a été mobilisant sous tous les aspects.

–Comment décompressiez vous de tant de tension et d’angoisse entre les scènes ?

–La réalité, c’est qu’il y avait un sens de l’humour, nous y faisions appel. Comme il y avait beaucoup de tournage de nuit, l’énergie était différente, mais nous avions du temps libre et un groupe d’amis s’est formé avec qui nous sortions et allions dans des restaurants pour essayer la cuisine locale. J’ai beaucoup aimé retrouver ce sens d’équipe, de terminer quelque chose, de regarder à côté et de voir une autre personne qui est tout aussi mobilisée que vous et avec qui vous commencez à discuter de la vie. Et si ce n’est pas une blague, c’est quelque chose de très profond. C’est agréable de se soutenir mutuellement, d’être tous dans la même direction et de ne pas se sentir seul.

–Avec ta carrière musicale, ça ne t’arrive pas, non ?

–Eh bien, il y a un peu plus de solitude. Je voyage avec mon équipe, je les aime et ils sont comme ma famille, je suis tous les jours avec eux. Mais, même si tout se fait en équipe, et évidemment le fonctionnement de tout est grâce aux personnes qui travaillent avec toi, il y a quelque chose où tu es seul à montrer ton visage. Tu es le visage visible d’un projet complet, et cela fonctionne différemment dans le domaine de la comédie.

–Ton personnage, Miranda, traverse une crise d’identité et voyage au Mexique pour enquêter sur ses origines. T’est-il arrivé la même chose, d’essayer de comprendre qui tu es entre Violetta, Martina et Tini ?

–Oui, bien sûr. En fait, sans aller plus loin, je pense que tout le processus que j’ai traversé avec la dépression, avec la médication, avec de nombreuses heures de thérapie et mon psychiatre, a beaucoup contribué à me retrouver et d’une certaine manière à m’être détruite pour reconstruire. Au-delà de la crise d’identité, il y a eu plein d’autres choses, mais il y avait cette quête. Et j’ai toujours été une fille… j’ai un lien magnifique avec ma famille et ils m’ont appris beaucoup de choses, mais j’ai toujours voulu en savoir plus. Ça a toujours été comme « Merci pour cette information, mais j’ai aussi besoin d’essayer ça, ou je veux entendre parler de ça, ou je veux en savoir plus. »
J’ai toujours eu le besoin de comprendre, d’écouter les autres. Je travaillais avec des gens beaucoup plus âgés que moi et j’aimais avoir ces conversations, m’intéresser sur le plan émotionnel et mental. Je n’ai jamais été du genre à rester, même aujourd’hui. Ce n’est pas « c’est bon, je me connais déjà, je suis comme ça », je suis toujours en constante transformation. Il y a des transformations qui sont bonnes et où l’on passe de meilleurs moments, et il y en a d’autres qui ne le sont pas, mais il est nécessaire de passer par là, tout n’est pas beau.

–Aujourd’hui, comment te sens-tu ?

–Je me sens bien, très bien. Je suis contente de ce projet. L’autre jour, je me suis regardée dans les scènes et j’ai été très émue, jusqu’aux larmes. Je me suis rappelée de ce moment, de ce que je venais de vivre, que d’une certaine manière, j’avais aussi partagé dans mon dernier album, UMDP. Cela a remué beaucoup de choses en moi et je pense que c’était aussi un cri de joie de me voir maintenant et de mieux me comprendre ; de savoir que j’ai d’autres outils, que si quelque chose m’arrive, je sais où aller et comment, et cela ne me semble pas un tabou de parler de certaines choses qui pendant longtemps n’étaient même pas un tabou parce que je ne savais pas ce que c’était ou que je ne leur avais pas donné de nom. Je me sentais seule à ce moment-là.

–Aimes-tu regarder ton travail ? Es-tu très critique envers toi-même ou tu en profites ?

–Contrairement à mon projet en tant qu’artiste, c’était la première fois que je ne regardais rien. J’ai voulu comprendre que ce n’était pas la même chose. J’édite mes clips, j’écris les scénarios, je conçois les costumes, je suis impliquée dans la mise en place des écrans, des lumières, le casting des danseurs, les chorégraphies, absolument tout. Ici, c’était tout le contraire, c’était faire confiance au réalisateur, à tous les acteurs et ensuite regarder la série comme une autre parce que je suis extrêmement exigeante et j’allais me compliquer la vie ou, peut-être, chercher la petite bête à quelque chose qui n’allait pas avoir beaucoup de sens. J’avais vu quelques extraits, on m’envoyait des montages pour voir comment la couleur ou certaines scènes rendaient, mais je ne l’avais pas vue en entier. Donc, à peine arrivée chez moi à Buenos Aires, j’ai appuyé sur play et je l’ai regardée seule.

–Est-ce que les scènes de sexe t’ont posé problème ? Parce que c’était aussi quelque chose de nouveau pour toi.

–Je n’avais jamais fait presque rien de ce qu’on voit dans la série. La vérité, c’est qu’il y avait des étapes que je ne connaissais pas, on répète comme une chorégraphie, on en discute avec son partenaire, dans ce cas avec Jorge (López) ou avec Martín (Barba), et on est avec le réalisateur. Il y a beaucoup d’étapes préalables avant d’en arriver là, ce n’est pas qu’on te dit « action » et que tu penses « bon, que va-t-il se passer maintenant ?, est-ce que je retire mon t-shirt ?, est-ce que je le retire moi ?, comment ?, où ? ». Non, au contraire, et la réalité, c’est qu’il s’est passé quelque chose de vraiment beau sur le plateau et avant les tournages, c’était de bien s’entendre. Il n’y a rien de plus agréable que de tourner 12 heures avec des personnes avec qui il y a une bonne ambiance. Je me suis vraiment sentie à l’aise avec les gars, je les adore et je me marre avec eux.

–Parlons un peu de ta musique. Comment te prépares-tu pour Futttura, le festival que tu vas faire en octobre et novembre à Tecnópolis ?

–Je suis contente, je pense que c’est le projet le plus grand et le plus défiant que je n’aurais jamais pensé avoir le courage de réaliser. Il traverse beaucoup d’émotions de ma carrière et de ma vie, et je pense que les gens ressentiront la même chose. Je ne veux pas en dire plus car j’aimerais que le public soit surpris quand il viendra voir le spectacle.

–Il y a peu de temps, tu as sorti une nouvelle chanson, « De papel ». Vas-tu continuer à sortir des singles ou prépares-tu un nouvel album ?

–Je prépare un nouvel album, mais sans pression. Après ce que j’ai vécu, j’ai retenu plusieurs leçons, c’est pourquoi je vais sortir les chansons que je ressens, avec lesquelles je vibre. J’ai beaucoup de musique datant d’il y a environ quatre ans et je vais la sortir, mais rien n’est confirmé pour te donner une date spécifique.

–Allons-nous écouter plus de chansons d’amour ?

–Il y a un peu de tout parce que cela fait de nombreuses années et ce sont des chansons que je veux sortir même si elles viennent d’un autre moment de ma vie. Et il y en a d’autres qui sont récentes et je trouve intéressant de les rassembler. Je pense que toutes font partie de ma croissance et de la personne que je suis. Il y a quelque chose de ce passé que je trouve beau à garder et un présent aussi intéressant.

–“De papel” est-elle d’aujourd’hui ou du passé ?

–Je préfère ne pas mettre de date.

– Récemment, tu étais à Miami et tu es remontée sur scène avec Coldplay. On sent que ton lien avec le groupe est fort.

– Je pense qu’il (en parlant de Chris Martin) est également arrivé à un moment important de ma vie. En fait, j’ai enregistré « We Pray » le jour où j’ai lancé Un mechón de pelo. J’étais là dans le studio de Chris et imagine ce que cela signifie pour moi, c’est mon groupe préféré, le groupe avec lequel j’ai grandi, les chansons qui m’ont touchée et qui me touchent encore. C’était et c’est un honneur chaque fois qu’ils m’invitent, qu’ils pensent à moi. Et au-delà de cela, c’est aussi très beau comment il se connecte, ce n’est pas juste chanter une chanson et c’est tout. C’est humain, c’est un apprentissage constant de pouvoir avoir des conversations profondes, de poser des questions et qu’il me les pose aussi, de nous connaître. C’est l’une des amitiés dans la musique les plus incroyables et les plus belles que j’ai eues.

-Y a-t-il un conseil qu’il t’a donné que tu voudrais partager ?

-Nous avons eu beaucoup de discussions, mais évidemment elles sont privées et viennent de très loin, c’est pourquoi je dis qu’il signifie beaucoup pour moi, vraiment.

–En fait, ton personnage dans Quebranto joue au piano « The Scientist », un grand succès de Coldplay, et la chanson apparaît à d’autres moments de la série.

-C’était très joli. Je me souviens quand on leur a demandé la permission et qu’ils ont dit très contents que oui, qu’ils voulaient évidemment que la chanson fasse partie du projet.

-C’était ton idée de choisir ce thème ?

–Non et je ne voulais pas non plus m’en mêler. De plus, c’est l’une de mes chansons préférées, si cela arrivait, j’allais être très heureuse, mais je ne voulais pas que personne se sente sous pression.

–Le dernier épisode s’appelle « Personne n’a dit que ce serait facile », qui, à son tour, est une phrase de cette chanson. Que signifie cela dans ta vie ?

–La vie elle-même, non ? Je pense que je me l’étais dite à partir du moment où l’on commence à devenir adolescent et à comprendre un tas de choses ; quand tu commences à être adulte, tu comprends que tout vient avec une conséquence, des choses belles aux choses moins belles. Tout a un prix, chaque décision que l’on prend, chaque travail, chaque relation que tu as choisi d’avoir. Peut-être que ça se passe très bien ou non, mais la vie, c’est ça. Et là où l’on apprend le plus, malheureusement, c’est dans les moments pas si bons. Donc, c’est apprendre à embrasser ce moment, savoir que tu vas pouvoir t’en sortir et que tu vas pouvoir te retrouver avec une nouvelle version de toi-même. Il est important de le savoir aujourd’hui, à ce moment-là, je ne sais pas si j’étais très capable.


+ Tini a posté une photo sur Instagram.


+ La chanson Cupido est 4 fois disque de platine aux USA et l’album du même nom 3 fois.

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